
L 'imposante coque noire de carbone, fraîchement sortie des ateliers de JMV à Cherbourg, est arrivée à Caen fin août.
C'est là, au bord du Nouveau Bassin, dans les locaux de V1D2, que les équipes de Marc Lefebvre se sont affairés avec les techniciens de Sailing One, société créatrice de la Sol'Océane. Pose du pont, peinture, gréement, quillage, accastillage… Les heures de travail s'accumulent pour donner naissance au n°1 de la série, une bête de course taillée pour aller vite dans les mers les plus hostiles du monde.
« Pour les connaisseurs, le Véolia 52 a été voulu comme un Open 7.50 de 16 mètres de long », simplifie Christian Brit, le Project Manager de Sailing One (lire aussi l'interview ci-contre). Ce ne sont pas des fées qui se sont penchées sur le berceau du futur monotype, mais plutôt quelques grands sorciers de la course au large. Aux manettes architecturales, le cabinet de Jean-Marie Finot et Pascal Conq, qui a dessiné quelques montures victorieuses dans le Vendée Globe. En collaborateurs extérieurs, Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam ou encore Hervé Laurent. « A l'arrivée, nous ne sommes pas en train de construire un bateau simple. Les concepteurs ont voulu aller loin en tenant compte des dernières avancées architecturales ».
La fibre des grands
Avec son bouchain prononcé qui s'efface peu avant l'étrave, le Véolia 52 est un peu le jeune frère du dernier Generali ou du récent Hugo Boss. Réalisé en carbone préimprégné avec une fibre identique à celle utilisée sur le futur maxi trimaran Banque Populaire et les derniers 60 pieds IMOCA, le Véolia 52 aura l'argument d'une taille plus humaine. Sa construction,
quand la série sera lancée, ne devrait excéder les 6000 heures de travail, soit quatre fois moins que pour un 60 pieds
open. « Mais en terme de performance, il sera proche de ses grands frères. » Un mat de 22,50 m, une largeur maxi de
5,20m, des voiles 3DL, un mataile pivotant, une quille pendulaire,
des ballasts arrière… Il sera évidemment très puissant et fera notamment parler la poudre dès le près, mais surtout au travers.
« L'objectif est de sortir un bateau prêt à naviguer pour une valeur n'excédant pas 1,5 millions d'euros. » Deux fois moins que les 60'open derniers cris. Mis à l'eau, fin octobre, le Véolia Océans enchaîne les sorties de validation et les derniers réglages avant un tour du monde de reconnaissance, à l'orée de l'hiver, qui amènera ce premier exemplaire à doubler
les trois caps mythiques (Bonne Espérance, Leuwin et Horn). La composition de l'équipage n'est pas encore connue.